Ce tableau de grand format annonce le Jugement dernier. La scène ici représentée dépeint un ange tenant une trompette, accompagné de deux putti, posé sur une nuée, qui tient l’Évangile éternel sur lequel nous pouvons lire en latin : « Timete Dominum, quia venit hora judicii ejus: et adorate eum, qui fecit caelum, et terram, mare, et fontes aquarum. » Cette mise en garde est précédée dans les textes par : « Ensuite je vis un autre ange volant au zénith. Il avait un Évangile éternel à annoncer à tous les habitants de la terre, à toute nation, toute tribu, toute langue et tout peuple. Il criait d’une voix forte : Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l’heure a sonné où il va rendre son jugement. Adorez donc celui qui a fait le ciel, la terre, la mer et les sources. » Il s’agit d’un passage de l’Apocalypse de saint Jean 14:7.
Sur cette toile, nous pouvons observer une variante iconographique portant essentiellement sur le ton donné à cette scène. En effet, si la plupart des représentations de l’Apocalypse dépeignent cette scène avec une intention de gravité et de « chaos », ce tableau semble au contraire plutôt annoncer une belle nouvelle, le triomphe du bien sur le mal, de Dieu sur Satan. Si les représentations du Jugement dernier sont souvent partagées entre la paix des cieux et le chaos d’ici-bas, elles le sont en partie pour mettre en avant cette « gloire céleste » des justes face aux mauvais qui, quant à eux, connaîtront un état de honte et de tourments éternels. Cette pensée eschatologique était tout à fait centrale dans les sociétés des XVe et XVIe siècles, puisque cette « fin du monde » inquiétait beaucoup les populations.
Si cette iconographie est largement développée au sein de nombreux édifices religieux, à travers les fresques ou encore les tympans sculptés, nous pouvons également observer son intégration dans la tapisserie mais aussi dans la peinture.
Fin XVIIIe siècle
Hauteur : 113 cm
Largeur : 178,5 cm











